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Journée du 08 mars : Message de Winnie Byanyima, Directrice exécutive de l’ONUSIDA

Mme Winnie Byanyima, Directrice exécutive de l’ONUSIDA

“Je félicite aujourd’hui lors la Journée internationale des droits des femmes celles et ceux dont la détermination et la solidarité apportent une lueur d’espoir et sont un moteur du changement.

Les femmes ne sont pas en train d’attendre qu’on leur donne un siège à table, elles apportent leur propre chaise pliante.

Le thème de cette année invite à parvenir à « L’égalité aujourd’hui pour un avenir durable ». Comme le soulignent les mouvements des femmes, mais aussi toutes les preuves, la réussite de chaque objectif de développement dépend de la concrétisation des droits de toutes les femmes et filles.

Les inégalités entre les sexes sont une menace pour tout le monde. Nous ne pouvons pas maintenir le patriarcat et vaincre le sida.

La crise de la COVID a exacerbé les multiples inégalités auxquelles sont confrontées les femmes : augmentation notable de la violence sexiste, des mariages forcés d’enfants et des grossesses adolescentes. Près d’une femme sur deux a indiqué avoir été victime de violences depuis la pandémie de COVID-19 ou connaître une femme qui l’a été. Les appels aux numéros d’assistance ont été multipliés par cinq dans certains pays pendant la pandémie. La violence et le harcèlement à l’encontre des personnes LGBTIQ+ ont augmenté, tout comme la stigmatisation et la discrimination à l’encontre des communautés marginalisées. Avant la pandémie de COVID, on estimait à 100 ans le temps nécessaire pour atteindre la parité homme-femme, depuis, 36 ans sont venus s’y ajouter.

Il est impossible que l’objectif ne consiste qu’à revenir à la normale, car justement la situation normale était le problème. Au lieu de cela, les dirigeantes et dirigeants doivent saisir ce moment de crise et cette opportunité de consolider la transformation. Les leaders doivent maintenant engager des changements de politique audacieux et intensifier les investissements qui garantiront l’égalité.

Nous devons mettre fin à la violence sexiste. La violence enfreint la dignité et la liberté des femmes. La violence est le moteur de la pandémie de sida. Dans les régions très touchées par le VIH, les femmes victimes de violences commises par leur partenaire intime ont jusqu’à 50 % de risque en plus de contracter le VIH.

Nous devons supprimer tous les obstacles à l’accès à la santé et aux droits sexuels et reproductifs. 55 % des femmes et des adolescentes seulement déclarent contrôler leurs propres décisions en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs. La mortalité maternelle est la principale cause de décès chez les adolescentes de 15 à 19 ans dans le monde, et le VIH est la troisième chez les femmes âgées de 15 à 49 ans. Ces deux causes de mortalité peuvent être évitées lorsque les femmes contrôlent leur propre corps.

Nous devons veiller à ce que chaque fille reçoive une éducation et soit émancipée. Des recherches montrent que le risque d’infection au VIH des filles peut diminuer de moitié lorsqu’elles ont la chance de terminer l’école secondaire, et il peut reculer encore plus si la scolarisation est complétée par un ensemble de droits et de services. Nous avons besoin de toutes les filles, y compris de celles qui ont quitté l’école à cause de la COVID et de celles qui n’étaient plus scolarisées avant la COVID. Nous avons besoin d’elles à l’école, en sécurité et fortes.

Alors que les pays sont confrontés aux défis budgétaires actuels, les services vitaux pour l’égalité des sexes font partie des secteurs qui subissent les réductions budgétaires les plus importantes. Si nous ne trouvons pas l’argent aujourd’hui, nous en paierons le prix fort demain.

La seule feuille de route efficace pour mettre fin au sida, atteindre les objectifs de développement durable et garantir la santé, les droits et la prospérité partagée est une feuille de route féministe. L’égalité est le moyen d’assurer le progrès et chaque femme y a droit.

Vous, les femmes, dans toute votre merveilleuse diversité, sachez qu’à l’ONU, nous sommes de votre côté et à vos côtés”.