Accueil Actualité Santé sexuelle : l’entente au lit, capital pour le bonheur du couple

Santé sexuelle : l’entente au lit, capital pour le bonheur du couple

©AfriqueFemme

La complicité, la tendresse et le bonheur sont essentiels à l’épanouissement des relations. Il semble que l’entente sexuelle, certes importante au sein d’un couple, ne constitue pas l’objectif principal de celui-ci. Au sein d’un couple, la fréquence des rapports sexuels peut être source de tension, voire de souffrance.

Les femmes racontent qu’elles souffrent de se forcer à avoir des rapports non désirés parce qu’elles se sentent encore, d’une certaine façon, soumises à cette vieille et terrible idée du « devoir conjugal ». Elles se disent mises des fois sous pression par leur partenaire, parfois mises en accusation d’une forme d’anormalité. Du côté des hommes, le fait d’avoir une libido moins forte que celle de leur partenaire peut provoquer un fort sentiment de honte. La plupart le vit comme une atteinte à ce que devrait être, dans leur esprit, leur masculinité.

« Mon mari et moi sommes très amoureux, en couple depuis quatre ans. Mais depuis quelques mois, alors que j’aurais tendance à avoir davantage besoin d’affection, de câlins, lui a besoin de faire l’amour régulièrement pour se sentir épanoui et déstressé», confie Abidé, 31 ans, employée de bureau.

Michel, 35 ans, gérant d’un restaurant dans le quartier Avédji à Lomé, avoue avoir vu le nombre de ses rapports sexuels diminuer depuis qu’il a monté son entreprise, il y a quelques mois. « C’est une responsabilité énorme, un investissement de tous les instants, de mon réveil jusqu’à ce que je me couche. Je veux me donner les moyens de réussir ce que j’entreprends et je n’ai pas toujours la tête au sexe. Marie, ma compagne, est aussi en pleine reconversion professionnelle. Elle non plus n’est pas forcément très demandeuse. Mais il est vrai que j’ai parfois peur que cette situation ne lui convienne pas autant qu’à moi. » 

Le besoin de faire l’amour revient fréquemment pour justifier l’idée selon laquelle les hommes, et les femmes, auraient physiologiquement besoin d’avoir des rapports sexuels réguliers, sous peine de souffrir de frustration.  La frustration que l’on peut ressentir lorsque nos désirs sexuels ne sont pas assouvis est psycho-affective.

Etre à l’écoute de son partenaire

Tous les couples traversent ou traverseront à un moment ou à un autre ces discordances de désir sexuel. Celles-ci ne sonnent pas pour autant le glas de la relation. Fidèle, 29 ans, Commerçante, explique que sa baisse de désir sexuel est survenue très rapidement après sa rencontre avec son partenaire. « Les trois ou quatre premiers mois, nous avions autant envie l’un que l’autre. Et puis au fur et à mesure, je suis devenue plus réservée que lui. Je me suis posé beaucoup de questions sur ma féminité, sur notre relation, sur ma vision de l’amour. J’ai réglé certains problèmes familiaux qui pouvaient se répercuter sur mes envies, mais ça n’a rien changé. Lui me dit qu’il le vit plutôt bien, que ça va, même s’il y a des moments où il se sent rejeté. » 

Les partenaires interprètent souvent la baisse de désir comme une diminution de l’envie d’eux, plutôt que comme une diminution d’envie tout court. Ils se sentent remis en question dans ce qu’ils sont, et se mettent à douter.  

Communiquer

Si tous les couples traversent des périodes de discordances de désir sexuel, cela ne signifie pas l’arrêt automatique de la relation affective. La baisse de libido n’implique pas spécifiquement la détérioration de l’amour, cela peut signifier une décroissance d’un plaisir global.

« L’objectif principal est de ne pas forcer pour l’un, rassurer pour l’autre. Dialoguer pour mieux respecter les variations mutuelles : être capable d’assumer un « non », de bien vivre un refus fait la force et la maturité du couple », conseille Papa Godwin, 57, Secrétaire à retraite, Père de 3 enfants.

Contraindre ou transformer la sexualité en corvée dévalue l’entente physique et psychique. Trouver un équilibre demande à poser honnêtement les désirs mutuels. Définir ensemble des solutions envisageables et réalistes est essentiel. Lorsque la discussion est rompue, le sexologue peut aider à comprendre la situation, la dédramatiser, rassurer, aider les partenaires à s’évaluer, à prendre conscience de la vie de couple singulière pour mieux s’adapter.

Koffi NUKATA