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Togo : Briser les tabous autour des menstruations

Mme Tabiou Ninko Epse Sonhaye (au micro), présidente nationale de l’ATBEF

Les questions liées aux menstruations sont considérées comme des sujets tabous dans de nombreuses communautés, alors qu’une mauvaise gestion de l’hygiène menstruelle peut être une source d’infections pour la jeune fille ou la femme. Fort heureusement, des voix s’élèvent de plus en plus pour informer et sensibiliser la population. C’est le cas de l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF) qui multiplie les engagements afin de mettre fin aux croyances négatives souvent associées à la menstruation.

La menstruation est selon l’Unfpa, un processus au cours duquel l’utérus évacue du sang et des tissus par le vagin. Encore appelé « règles », il s’agit d’un processus cyclique, naturel et sain chez les filles et les femmes en âge de procréer. Un cycle menstruel normal va de 21 à 35 jours avec une moyenne de 28 jours.

« Les règles constituent un phénomène naturel biologique dans le corps de la femme », a martelé Mme Tabiou Ninko Epse Sonhaye, présidente nationale de l’ATBEF et point focal GHM (Gestion de l’hygiène menstruelle) au cours d’un atelier de formation sur le sujet, organisé le 24 mai 2022 à la mairie de la commune Agoè-Nyivé 2 à Lomé.

Une vue partielle des participants à la sensibilisation

« Les règles sont souvent considérées comme des tabous. On dit souvent qu’une fille qui passe des règles est sale. Beaucoup de croyances négatives leur sont associées, ce qui fait que cela discrimine et stigmatise les femmes », fait savoir Mme Tabiou.

« Les menstruations sont précédées de syndromes prémenstruels notamment le mal de tête, la tension mammaire, les douleurs abdominales et autres. Comme c’est des sujets tabous, les filles et les femmes n’en parlent pas. Elles vont faire l’automédication, ce qui crée un problème qui peut remonter sur leur vie sexuelle et reproductive », a-t-elle relevé.

Elle a en outre expliqué que la gestion de l’hygiène menstruelle est l’environnement de soutien qui doit être mis en place pour aider les filles et les femmes à pourvoir se préparer pour l’arrivée des menstruations en lien avec la disponibilité des infrastructures sanitaires telles que les toilettes fonctionnelles, l’eau et le matériel utilisé pour recueillir le sang et surtout comment ce matériel doit être éliminé pour préserver l’environnement.

« Quand on parle de la GHM, on parle de la santé individuelle, de la santé collective, et de l’éducation des filles, des femmes, des hommes, de tout le monde y compris les décideurs et les partenaires », a-t-elle souligné.

Au Togo, une étude réalisée par l’organisation BØRNEfondenen 2017 indique que 43,3 % des filles de 10 à 24 ans ne disposaient pas d’informations sur l’hygiène menstruelle Par ailleurs, quatre filles sur 10 (soit 47,2 %) ne savaient pas que les menstruations sont un phénomène naturel et 51,7 % des mères fournissent de fausses informations à leurs filles sur le sujet.

Depuis, les sensibilisations se sont intensifiées dans le pays avec l’implication de tous les acteurs l’Etat, les organisations de la société civile et les leaders d’opinion.Des points focaux « hygiène menstruelle » sont également installés dans des établissements scolaires.

Il faut souligner que cet atelier de formation initié par l’antenne maritime du Mouvement d’Action des Jeunes (MAJ) de l’ATBEF intervient en prélude à la célébration le 28 mai prochain, de la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle placée cette année 2022 sous le thème « Faire de la menstruation, une réalité normale de la vie ».

David SOKLOU