3,5 millions USD pour faire progresser la médecine de précision en Afrique

C’est une bonne nouvelle pour le développement de la médecine de précision sur le continent africain. Au cours de la réunion régionale du sommet mondial de la santé tenue du 27 au 29 avril 2026 à Nairobi au Kenya, un investissement de 3,5 millions de dollars a été annoncé pour faire progresser la médecine de précision en Afrique.
Dans un communiqué publié à cet effet, l’organisation Speak Up Africa a souligné qu’il s’agit d’un partenariat Sud-Sud adossé à une technologie de séquençage à grande échelle qui marque un tournant pour la génomique portée par l’Afrique, à partir du Kenya et de la Côte d’Ivoire.
L’investissement annoncé par les organisations Biolinx Africa, la YTO Foundation et Nextgen Molecular Lab, prend logiquement en compte l’acquisition d’une plateforme de séquençage NovaSeq X Plus.
Le partenariat a été dévoilé lors d’une table ronde de haut niveau à huis clos intitulée « Du dialogue à la mise en œuvre : construire l’avenir de l’Afrique en génomique et en médecine de précision », organisée en marge du World Health Summit Regional Meeting 2026 à Nairobi, au Kenya.
Les partenaires ont déclaré que cette collaboration permettra d’élargir significativement les capacités en génomique et de rapprocher la médecine de précision des populations africaines, en commençant par le Kenya et la Côte d’Ivoire.
La première phase de la collaboration portera sur le renforcement des capacités de séquençage, le soutien à la production et à l’analyse de données génomiques portées par l’Afrique, ainsi que l’établissement d’une feuille de route de mise en œuvre sur 24 mois
« La génomique en Afrique doit passer de la conversation à la capacité opérationnelle. Ce partenariat consiste à mettre l’infrastructure, l’investissement et le leadership scientifique africain au service d’un agenda de mise en œuvre concret », a indiqué Dr Robert Karanja, Fondateur et Directeur Exécutif, Biolinx Africa
« Les populations africaines restent sous-représentées dans le paysage génomique qui oriente de plus en plus les priorités en matière de prévention, de diagnostic, de traitement et de recherche. Ce partenariat vise à renforcer les capacités locales et à produire des données plus pertinentes pour les patients africains, afin d’améliorer leur prise en charge. De meilleures données, de meilleurs soins », a pour sa part souligné le Prof. David Téa Okou, Généticien Moléculaire Clinique et Fondateur, YTO Foundation.
« Nous observons comment la pharmacogénomique peut aider à expliquer les différences de réponse aux traitements et à soutenir une prise en charge oncologique plus personnalisée. La prochaine étape consiste à rapprocher ces outils de la prise de décision clinique courante et, progressivement, de les intégrer dans les protocoles thérapeutiques et les discussions sur la couverture », a précisé Dr George Michuki, Directeur Général, Nextgen Molecular Lab.
Au demeurant, cette annonce illustre également la capacité des réseaux scientifiques africains à catalyser des collaborations transfrontalières.
« L’Afrique ne peut pas construire des systèmes de santé équitables à partir de données qui ne représentent pas ses populations. African Voices of Science existe pour mettre les scientifiques en relation, bâtir des partenariats et créer les conditions nécessaires à l’émergence de solutions dirigées par des Africains. Ce partenariat est la preuve de ce qui devient possible lorsque les experts africains disposent de l’espace nécessaire pour diriger. À présent, nous avons besoin d’investissements et d’une volonté politique à la hauteur de leur ambition, car la génomique en Afrique doit rendre des comptes aux populations qu’elle sert », a fait savoir Fara Ndiaye, Co-Fondatrice et Directrice Adjointe, Speak Up Africa
Il faut souligner que l’Afrique abrite la plus grande diversité génétique humaine au monde, et pourtant les populations africaines restent largement sous-représentées dans les études génomiques mondiales et les bases de données de référence.
Ce déficit a des conséquences cliniques réelles : diagnostics erronés, interprétations incorrectes des résultats, et traitements moins efficaces pour les populations qui en ont le plus besoin.
La Rédaction



